SOUFFRANCES AU TRAVAIL

La Lettre de SAT N°2

Février-Mars  2007

Chroniques de Souffrances au Travail

Une parole de Poids

Raphaèle Jude

Psychanalyste, membre de SAT

Février 2007

 

 

Mme T, possède une expérience professionnelle significative, elle est au chômage depuis de nombreux mois maintenant. Elle vient à SAT car les entretiens de recrutement se passent mal ; elle ne retrouve pas de travail.

Le premier entretien dure plus d’une heure. Sur un débit rapide et décousu, peu dialectisé , elle raconte une vie solitaire et difficile, . Elle a son langage propre et ironise longuement sur les entretiens de recrutement. peu nombreux, qui ne débouchent sur rien

D’un point énigmatique à un aveu tragique

Revenant sur ses expériences professionnelles, elle approchera très vite un point énigmatique et douloureux  : alors qu’elle travaillait pour une entreprise dans laquelle elle se sentait bien, elle en a été licenciée, suite à une blague ?, pas appréciée.de son patron  Elle approche là un point de douleur immense, et  s’en éloigne très vite. Je n’insiste pas. Ma stratégie étant de l’alléger de sa culpabilité.  Le rendez-vous suivant,  elle explique qu’elle a peu de chose à me dire et qu’elle ne poursuivra pas les RDV. Je l’écoute sans relever… elle poursuit : le dernier entretien lui a donné le cafard… « revenir sur ces vielles histoires! ». Elle s’est sentie jugée. Néanmoins, elle repart très vite dans ses discours longs et décousus. Mais maintenant dit-elle « elle entrevoit une solution, elle ébauche un projet  pour retrouver du travail ». A la fin de la séance, je l’engage à poursuivre le travail au sein de SAT. Je la rassure, l’accueil est ici sans jugement. Elle explique alors, et cela sera là un moment d’une intensité presque tragique : elle sait depuis toujours qu’elle est différente des autres, qu’elle est folle, elle essaie de le cacher et cela se voit chaque fois. Je l’écoute et lui donne un nouveau RDV.

Un CDD et un CDI en poche. Mme T reviendra à SAT. Dès le rendez-vous suivant, elle est transformée. Elle dialectise,  son discours s’est reconstruit, elle a eu plusieurs entretiens de recrutement réussis, pour des postes qui lui conviennent. Elle ne pourra venir au RDV suivant, ayant été recrutée et  possédant un CDI en poche. Elle me remercie, elle sait que la porte de SAT lui est ouverte pour y revenir déposer cette parole fragile qu’elle nomme « sa folie ».

 

 

Editorial

Violences au travail #1

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