SOUFFRANCES AU TRAVAIL
La Lettre de SAT N°2
Février-Mars 2007
Editorial | Violences au travail #1 | Violences au travail #2 | Regard d'ailleurs | Chronique de SAT | Notes de lecture#1 | Notes de lecture#2 | Connaître l'Association | Evénements
C’est dans ce contexte que s’est formée l’association Souffrances au Travail – SAT – qui s’affronte à des cas par rapport auxquels il est précieux de relire le dialogue imaginé par B.-M. Koltes à la fin de sa pièce : LE DEALER : S’il vous plaît, dans le vacarme de la nuit, n’avez-vous rien dit que vous désiriez de moi, et que je n’aurais pas entendu ? LE CLIENT : Je n’ai rien dit ; je n’ai rien dit. Et vous, ne m’avez-vous rien, dans la nuit, dans l’obscurité si profonde qu’elle demande trop de temps pour qu’on s’y habitue, proposé, que je n’aie pas deviné ? LE DEALER : Rien. LE CLIENT : Alors, quelle arme ?
Un cas de psychanalyse appliquée . Voici un cas qui permet de percevoir la position d’entrée du sujet dans le dispositif et la façon dont une solution s’est dessinée. Mme M. s’est trouvée en arrêt de travail à la suite d’une chute. Elle a dû se battre en Conseil des Prud’hommes pour faire respecter ses droits, c’est-à-dire simplement être payée. C’est l’inspecteur du travail qui lui a donné les coordonnées de SAT. Lors de notre rencontre, elle est très abattue mais s’anime au fur et à mesure de son récit. Il règne un climat épouvantable dans la boucherie charcuterie où elle travaille et en particulier entre son employeur et elle, dans la chaîne de supermarchés où elle travaille. Depuis quelques mois, un nouveau boucher a pris ses fonctions. Il « n’a aucun respect pour la clientèle », dit-elle. Il s’agit d’une clientèle plutôt féminine avec qui elle a pour sa part de très bons rapports, sachant même avantager discrètement ceux qui n’ont rien. Lui, au contraire, laisse « les périmés » dans les rayons, vend l’entame des pièces à découper en machine… De plus, elle le trouve sale, il s’alcoolise au travail, il n’a aucun respect pour les femmes. Elle est entrée en conflit avec lui, pensant faire œuvre utile et sûre de son bon droit. Sa déception fut grande lorsque l’employeur soutint le boucher. Elle se syndicalisa, ce qui fit grandir l’hostilité patronale alors qu’auparavant elle figurait parmi les employés modèles. C’est dans ce contexte qu’elle glissa sur le sol et chuta. Une dépression a suivi le combat prud’homal qu’elle a remporté. Je l’ai rencontrée alors qu’elle était sur le point de reprendre son travail, en bénéficiant d’un mi-temps thérapeutique. Une rencontre : Je souligne son goût pour la justice, son courage, puis la présence encombrante du boucher alcoolique et sans éthique. C’est alors qu’elle entreprend le récit de sa lutte contre un mari violent, alcoolique et pervers, avec qui elle a eu trois enfants. surmoi, car les torsions modernes du monde professionnel gagnent du terrain : Elle résista à diverses pressions, aidée par une solidarité de voisinage, surtout des femmes, mena un long combat et finalement obtint la garde de ses trois filles, sans avoir à quitter les lieux, ce qui se trouve être très important pour ce sujet : ne pas être délogée.
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Violence et conditions de travail #1
Nous vivons une époque où, dans le monde du travail, la pluralité des échanges est écrasée par le rapport monolithique entre client et fournisseur. C’est un artiste, Bernard-Marie Koltes, qui peut nous faire toucher du doigt la violence obligée comme seule forme possible de relation ! Dans sa pièce de théâtre intitulée Dans la solitude des champs de coton, le lien social est appréhendé sous l’angle du couple dealer/client. Cette fiction magnifique, publiée en 1985, emporte avec elle une force terrible de métaphore au moment où, justement, le travail est organisé par le marché, par et pour ce qu’on appelle la globalisation
Editorial
Violences au travail #1
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